Du vert chez les Bleues

15/12/2025

Deuxième à Saint-Moritz, Romane Miradoli est montée pour la cinquième fois sur le podium d’un super-G en Coupe du monde. Un bon départ avant les épreuves de Val-d’Isère le week-end prochain.

Romane Miradoli a eu du temps pour cogiter hier matin, éveillée dès 4 heures. Si bien qu’il lui restait moins de questions à se poser quelques heures plus tard, une fois ancrée sur ses skis, sous le soleil de Saint-Moritz (Suisse). « J’avais un bon état d’esprit, comme depuis le début du week-end, raconte la skieuse de Flaine. Il faut jouer, oser.» Il ne lui a manqué que 8 centièmes pour pouvoir goûter une deuxième fois à la victoire en Coupe du monde, laissée à Alice Robinson, une première pour la Néo-Zélandaise dans la discipline. « Je suis quand même un peu dég’ parce que je voulais attaquer encore mieux, reconnaît Miradoli (31 ans). Je fais une petite faute en haut, je pense qu’elle me coûte la victoire parce que je pose un peu les mains par terre. Mais je me suis sentie hyper bien.»

Elles avait que bien ne veut pas toujours dire vite. Mais voir s’empiler les concurrentes derrière elle les unes après les autres, à commencer par l’Italienne Sofia Goggia (3e à 19 centièmes de Robinson), et l’Américaine Lindsey Vonn, qui manque de peu un troisième podium ce week-end (4e à 0’’27), a confirmé la grande forme de la leader de l’équipe de France, qui se disait « impatiente d’attaquer les courses » il y a une semaine. « Physiquement, les feux sont au vert, j’ai pu faire toutes les journées (d’entraînement), et pas besoin d’anti-inflammatoire », détaillait-elle.


« Je me laissais impressionner. Mais j’ai retrouvé du feeling avec les skis de descente, je pense avoir passé un petit cap. »

Romane Miradoli


Une précision de taille pour la skieuse décidément en réussite dans les Grisons, après sa victoire à Lenzerheide (Suisse) le 5mars 2022. Un an plus tard, elle était victime d’une première chute sur la descente de Crans Montana, en Suisse, puis une deuxième à l’entraînement à Kvitfjell, en Norvège, le 1er mars 2023, qui lui coûtait une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. La deuxième en un peu plus de deux ans. Revenue sur le circuit en décembre suivant, elle était remontée sur le podium dès janvier 2024, à Cortina (3e du su-per-G). Puis avait souffert du dos la saison dernière, montant tout de même sur la troisième marche du podium du super-G de La Thuile, en Italie, en mars.

Elle en avait gardé une certaine appréhension en descente. « Ça prend du temps de revenir de blessure et de deux chutes, juge-t-elle. Je me voilais sans doute la face. De la peur ? Peut-être un petit peu. Je me laissais impressionner. Mais j’ai retrouvé du feeling avec les skis de descente, je pense avoir passé un petit cap. » Sensation confirmée dès vendredi, avec une 6e place presque éclipsée par la victoire historique de Lindsey Vonn. Proche de sa meilleure marque en descente(5e à Cortina en 2019).

En l’absence des deux têtes de listeen super-G (l’Italienne Federica Brignone et la Suissesse Lara Gut-Behrami), la porte est ouverte pour les poursuivantes (Miradoli est 6e de laWCSL, classement servant à établir les dossards), et la concurrence ne faiblit pas. « On voit que c’est serré, estime la Française. On n’a pas de répit, il faut être à la hauteur. » Le meilleur exemple vient d’Alice Robinson. Pour son 40e départ dans la discipline en Coupe du monde, la Néo-Zélandaise a ajouté son nom à la liste des skieuses capables d’enlever un super-G, après six victoires en géant, dont deux cette saison. « J’avais toujours eu l’impression de me retenir un peu en super G, mais aucune partie de moi n’avait peur aujourd’hui (ce dimanche), je voulais juste y aller », a-t-elle déclaré.

Prometteur à l’entame d’une saison olympique. Comme la cinquième place de Laura Gauché hier. « Je me sens tellement plus légère, souriait la Tignarde. Après deux descentes très moyennes (35e vendredi,26e samedi), il fallait que je garde en tête que je skie bien et vite en ce moment. Mais le faire en course c’est autre chose.» Si Gauché reconnaissait que son dossard relativement élevé (19) lui avait permis de capter des informations essentielles en observant le passage des premières partantes, ce tir groupé, avec la 17e place de Camille Cerutti, malgré une énorme erreur au départ qui lui a fait déclencher le chrono trop tôt, semble confirmer la tendance dégagée durant l’été.

« On sent quand les filles sont bien dans leur tête, concentrées et très juste dans ce qu’elles font, » observe Lionel Pellicier, responsable des équipes de France féminines. « On a fait un bon stage en Amérique du Sud, et on a eu la chance de faire de la vitesse à Tines, ce qu’on n’avait pas pu faire depuis un moment. Je pense que ça joue beaucoup aussi. » Les Bleues seront d’autant plus at-tendues à Val-d’Isère dès ce week-end, pour une descente samedi et uns super-G dimanche.



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